Docker Compose — Guide pratique
Orchestrer des stacks multi-containers avec docker compose (v2).
docker compose est la sous-commande officielle (avec espace, pas de tiret). L’ancien binaire docker-compose reste installé sur certaines machines mais est déprécié depuis 2021.
Structure d’un fichier
Une stack Compose se compose de clés de niveau supérieur :
| Clé | Rôle |
|---|---|
services | Définition des containers (le cœur) |
networks | Réseaux partagés entre services |
volumes | Volumes nommés persistants |
configs | Fichiers de config injectés comme données |
secrets | Secrets injectés en mémoire (/run/secrets) |
Le format YAML est sensible à l’indentation : 2 espaces recommandées.
Services
Définition de base d’un service :
services:
app:
image: node:20-alpine
command: ["node", "server.js"]
working_dir: /app
user: "1000:1000"
env_file: .env
environment:
- NODE_ENV=production
- PORT=3000
depends_on:
db:
condition: service_healthy
restart: unless-stoppedcommand: écrase le CMD du Dockerfile. entrypoint: le remplace entièrement. Les deux peuvent coexister : la command sert d’arguments à l’entrypoint.
Dépendances conditionnelles
depends_on accepte un contexte de santé pour éviter les démarrages prématurés :
services:
app:
depends_on:
db:
condition: service_healthy
cache:
condition: service_started
db:
healthcheck:
test: ["CMD", "pg_isready", "-U", "postgres"]
interval: 10s
timeout: 5s
retries: 5
cache:
healthcheck:
test: ["CMD", "redis-cli", "ping"]
interval: 5s
timeout: 3s
retries: 3Healthchecks
Chaque service peut avoir un healthcheck — c’est la base d’une stack résiliente :
services:
web:
healthcheck:
test: ["CMD", "curl", "-f", "http://localhost:80/health"]
interval: 30s
timeout: 10s
retries: 3
start_period: 40s| Champ | Usage |
|---|---|
test | Commande ; exit 0 = sain |
interval | Délai entre deux tests |
timeout | Délai max par test |
retries | Échecs avant passage à unhealthy |
start_period | Période de grâce après le démarrage |
Volumes
services:
db:
volumes:
# Bind mount (hôte → conteneur)
- ./data:/var/lib/postgresql/data
# Volume nommé (géré par Docker)
- postgres_data:/var/lib/data/other
# Chemin hôte absolu
- /tmp/logs:/var/log/app:ro
# Fichier uniquement
- ./conf.d/app.conf:/etc/app/config.conf:ro
volumes:
postgres_data:
driver: local
driver_opts:
type: none
o: bind
device: /mnt/backups/postgresLes bind mounts (./) reflètent les modifications en temps réel — idéal pour le développement. Les volumes nommés persistent au-delà de docker compose down.
Réseaux
services:
frontend:
networks:
- public
- backend
backend:
networks:
- backend
db:
networks:
- backend
networks:
public:
driver: bridge
backend:
internal: true # pas d'accès depuis l'hôte
driver: bridge| Option | Effet |
|---|---|
internal: true | Pas de route sortante depuis le réseau |
driver: bridge | Valeur par défaut, isolation par conteneur |
driver: host | Pas de network namespace dédié |
attachable: true | Réseau accessible par docker run --network |
Résolution DNS interne
Les containers d’une même stack se résolvent entre eux par leur nom de service :
# Dans une Stack, ces services se pingent via "db", "cache", etc.
# Pas besoin d'IP ni de variables d'environnement réseau.
environment:
DATABASE_URL: postgres://user:***@db:5432/appdbLe DNS interne fonctionne uniquement au sein d’un réseau Compose. Les réseaux créés à la main (docker network create) ne sont pas automatiquement reliés.
Variables d’environnement
Trois méthodes pour injecter des vars dans les services :
services:
app:
# 1. Inline (lisible)
environment:
PORT: 3000
# 2. Fichier externe (recommandé pour les secrets)
env_file:
- .env
- .env.local
# 3. Interpolation depuis l'environnement de l'hôte
environment:
- DB_HOST=${DB_HOST:-db}
- DB_PORT=${DB_PORT:-5432}Format $VARIABLE et ${VARIABLE:-default} :
# Syntaxe Compose
environment:
HOST: "${APP_HOST:-localhost}" # valeur par défaut
PORT: "${APP_PORT}" # si non défini → vide
SECRET: "${APP_SECRET}" # erreur si absent.env est chargé automatiquement par docker compose si présent dans le répertoire courant. Le nom par défaut peut être écrasé avec --env-file mon-fichier.env.
Templates courants
Node.js + PostgreSQL + Redis
services:
app:
build: .
ports:
- "3000:3000"
env_file: .env
depends_on:
db:
condition: service_healthy
cache:
condition: service_healthy
restart: unless-stopped
db:
image: postgres:16-alpine
volumes:
- pg_data:/var/lib/postgresql/data
environment:
POSTGRES_USER: ${DB_USER}
POSTGRES_PASSWORD: ${DB_PASS}
POSTGRES_DB: ${DB_NAME}
healthcheck:
test: ["CMD-SHELL", "pg_isready -U $${POSTGRES_USER}"]
interval: 5s
retries: 10
restart: unless-stopped
cache:
image: redis:7-alpine
volumes:
- redis_data:/data
healthcheck:
test: ["CMD", "redis-cli", "ping"]
interval: 5s
retries: 5
restart: unless-stopped
volumes:
pg_data:
redis_data:Reverse proxy (Nginx)
services:
nginx:
image: nginx:alpine
ports:
- "80:80"
- "443:443"
volumes:
- ./nginx/nginx.conf:/etc/nginx/nginx.conf:ro
- ./nginx/ssl:/etc/nginx/ssl:ro
- certbot-logs:/var/log/letsencrypt
restart: unless-stopped
certbot:
image: certbot/certbot
volumes:
- ./nginx/ssl:/etc/letsencrypt
- certbot-logs:/var/log/letsencrypt
entrypoint: "/bin/sh -c 'trap exit TERM; while :; do certbot renew; sleep 12h & wait $${!}; done;'"
volumes:
certbot-logs:Stack LAMP basique
services:
web:
image: httpd:2.4-alpine
ports:
- "8080:80"
volumes:
- ./html:/usr/local/apache2/htdocs:ro
- ./conf/httpd.conf:/usr/local/apache2/conf/httpd.conf:ro
php:
image: php:8.2-apache
volumes:
- ./html:/var/www/html:ro
db:
image: mariadb:11
environment:
MYSQL_ROOT_PASSWORD: rootpass
MYSQL_DATABASE: app
MYSQL_USER: appuser
MYSQL_PASSWORD: apppass
volumes:
- mysql_data:/var/lib/mysql
restart: unless-stopped
volumes:
mysql_data:Debugging & maintenance
# Lister les services
docker compose ps
# Voir les logs (tous les services)
docker compose logs -f
# Logs d'un seul service
docker compose logs -f app
# Reconstruire et relancer (force rebuild)
docker compose up -d --build
# Reconstruire sans cache
docker compose build --no-cache
# Lire la configuration résolue (utile pour debug interpolation)
docker compose config
# Lancer un service ponctuel (non défini dans la stack)
docker compose run --rm app npm test
# Nettoyer (containers, réseaux) — pas les volumes !
docker compose down
# Nettoyer aussi les volumes
docker compose down -v
# Arrêter sans supprimer
docker compose pause
docker compose unpausePièges fréquents
-
Ports doublés : deux services tentent d’exposer le même port hôte. Vérifier avec
docker compose pset ajuster les mappings"8081:80". -
Nom de réseau par défaut : Compose crée un réseau
<dossier>_defaultautomatiquement. Le nom peut varier si le dossier contient des caractères spéciaux ou des majuscules. Précisernetworks:explicitement pour un contrôle total. -
depends_onne vérifie pas la santé par défaut : sanscondition: service_healthy, le service dépendant démarre dès que le service parent est créé — pas quand il est prêt. -
Chemin relatif dans
volumes: les bind mounts sont résolus relativement au fichierdocker-compose.yml, jamais au cwd../datasuppose que le fichier est à la racine du projet. -
Variables non interpolées dans les secrets : dans
environment, les variables${VAR}ne sont interpolées que depuis le fichier.envet l’environnement d’exécution. À l’intérieur decommand:ouargs:, utiliser$$pour échapper (ex. :$${VAR}) et éviter l’interpolation Compose. -
Rebuild silencieux : modifier un fichier copié via
COPYdans un Dockerfile ne déclenche pas un rebuild automatique. Lancerdocker compose buildexplicitement. -
.envet fichiers sensibles :.envest ignoré pardocker composepourARGdans lesDockerfile. Utiliser--build-argen ligne de commande pour les secrets de build. -
Container morts en
exited: si un service se faitSIGTERMpuis redémarre en boucle, vérifier les logs avecdocker compose logs -f --tail 50 nom-service. Souvent un healthcheck qui échoue ou un secret manquant.
Référence : Documentation officielle Docker Compose . Tester toute stack avec docker compose config avant de la déployer — c’est l’équivalent d’un docker run --validate.